Le Tai Chi Chuan ou Taïji Quan

Le Taï Chi Chuan, DANSE DU TAO, est un art martial interne destiné à nous permettre d’équilibrer les pôles TERRE et CIEL (ou principes du YIN et du YANG). Imaginez-vous accomplissant un enchaînement de gestes harmonieux, fluides et lents. Vous vous relaxez. Vous respirez sans effort et votre esprit devient serein. Vous prenez conscience que votre corps et votre esprit fonctionnent dans une subtile communion bienfaisante.

Un peu d’historique …

Selon la tradition populaire, le Taiji Quan a été créé par un moine Taoïste nommé Chang San Feng. Il serait mort au début de la dynastie Ming (1368-1644). Une légende raconte que ce moine, expert en arts martiaux, eut l’occasion un jour d’assister au combat entre une grue et un serpent. Celui-ci esquivait les coups de bec secs et droits de l’oiseau par des mouvements souples, sinueux, lents et ininterrompus, pour ensuite contre-attaquer avec une rapidité déconcertante. Au cours de l’histoire, l’art du Taï Chi Chuan a évolué à travers différentes écoles. Une école naît lorsqu’on constate des différences considérables avec d’autres écoles : le plus souvent, l’élève devenu maître adapte et reconfigure son art par rapport à ce qu’il a appris.

L’école Chen

Au centre de toutes les lignées se trouve le village du clan des Chen. C’est là où Yang Lu Chan, le grand-maître à la racine de la plupart des écoles, apprit l’art au milieu du 19ème siècle. En revanche, la pratique de l’école Chen aujourd’hui diffère considérablement de l’école Yang et ses dérivés. Les mouvements sont plus gymniques, plus explosifs et on dirait bien plus proche des écoles d’arts martiaux « externes » du type Shaolin. L’école Chen est aussi particulière parce qu’elle ne reconnaît pas Chang San Feng en tant que fondateur de l’art : selon eux ce fut Chen Wang Ting et la transmission de l’art serait restée dans la famille Chen jusqu’à Yang Lu Chan.

L’école Yang

Il faut distinguer l’école Yang (où même la pratique officielle de la famille Yang) de la lignée Yang, qui comprend diverses autres écoles à titre individuel (notamment le style Wu). L’école Yang est l’école la plus répandue aujourd’hui avec maintes variantes. Elle est descendue du légendaire Yang Lu Chan (Yang l’invincible) qui a amené le Taï Chi Chuan dans la lumière du grand jour lorsqu’il enseigna à la noblesse mandchoue vers la fin du dix-neuvième siècle. A partir de Yang Lu Chan, c’est surtout grâce à son petit-fils Yang Chen-Fu que l’on a vu se développer l’école Yang. La pratique est moins gymnique que dans l’école Chen, les mouvements plus calmes.

L’école Wu

Yang Lu Chan avait trois fils qui enseignèrent le Taï Chi Chuan : Yang Ban Hou, Yang Feng Hou et Yang Jian Hou. La plupart des écoles Yang remontent à Yang Jian Hou, qui changea la forme à mains nues et eu comme élève principal son fils, Yang Cheng Fu. Entre les élèves de Yang Ban Hou, pour la plupart des militaires, se trouvait un certain Quan Yu (dont le nom de famille fut Wu). Il enseigna à son fils, Wu Jin Chuan, fondateur de l’école Wu. Wu Jin Chuan enseignait beaucoup dans les grandes villes (Beijing, Shanghai, Hong Kong, …) et avait un grand nombre d’élèves, d’où la popularité de l’école – l’une des principales lignées. Le père de Wu Jin Chuan, Wu Quan Yu (le plus souvent on n’utilise pas son nom de famille dans les généalogies) enseigna à d’autres ainsi qu’à son fils. Ainsi, on parle parfois d’une école Wu du nord : Beijing au lieu de Shanghai. L’école Wu du Nord présente des différences intéressantes avec les écoles Wu (du Sud) et Yang, les postures sont plus exigeantes. Autrement, la pratique de l’école Wu ressemble beaucoup à l’école Yang, selon les styles et les maîtres.

Autres écoles

La plupart des écoles Yang suivent la lignée de Yang Chen-Fu, mais d’autres sont issues de l’enseignement de l’autre fils qui enseignait à l’extérieur de la famille : Yang Ban-hou. Souvent la pratique dans ces écoles comprend plus d’éléments martiaux, y compris un certain accent mis sur le Tui Shou. La forme, en revanche, reste la même sauf quelques petites variations. Bien plus radicale est l’école Cheng Man Ching, élève de Yang Cheng Fu, où M. Cheng décida que la forme Yang traditionnelle était trop longue : il l’a donc fait passer de +108 mouvements à 37. Qui plus est, les postures sont beaucoup plus hautes que dans la plupart d’autres écoles traditionnelles, avec le dos tenu vertical en permanence. C’est une des écoles les plus populaires aujourd’hui, surtout parce que la plupart de ses adhérents (au moins en Occident) ont une pratique orientée vers une amélioration de la santé.

Aujourd’hui…

Le Taï Chi Chuan est un art du mouvement qui nous vient de la Chine ancienne. De nos jours, on peut le voir pratiquer dans les jardins publics chinois mais aussi de plus en plus couramment en France, comme une gymnastique douce, relaxante et revitalisante.

Une partie s’organise autour d’un enchainement de 108 mouvements exécutés avec lenteur et fluidité au rythme d’une respiration profonde. Elle peut être complété par des exercices à deux ou avec une arme (épée, éventail, bâton, sabre … ). L’apparente simplicité, la légèreté et l’harmonie du geste cachent la force et l’ancrage dans la douceur.

Le joueur de Taï Chi est dit-on « calme serein et solide comme la montagne; mobile et fluide comme la rivière ». Gestuelle énergétique, art martial interne, méditation en mouvement, la pratique régulière délie le corps et les articulations, améliore la coordination et l’équilibre, renforce muscles et tendons, tonifie les systèmes vasculaire et respiratoire, apaise le mental et amène un état d’attention de présence et d’ouverture.

Véritable Art de Vie, de son étude découlent confiance, détente profondeur et harmonie.

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